Milieux aquatiques superficiels

Cours d'eau, milieux alluviaux et espèces associées

L'Ubaye et les cours d'eau affluents présentent une morphologie variée avec des pentes allant de près de 1% à plus 15 % en moyenne sur certains affluents. La forme des vallées présente également des différences avec des secteurs en gorge, des secteurs plus ouverts en fond de vallée de l'Ubaye mais également au cœur des vallons d'altitude avec la présence d'alpages.

Figure 1 : L'Ubaye près de ses sources

Les lits des cours d’eau présentent une granulométrie variée au sein de tronçons pavés de blocs fortement représentés, mais également de secteurs alluvionnaires présentant une dominance de galets avec la présence de bancs et une mobilité beaucoup plus importante de ces substrats.

Des plages d’alluvions fins souvent composés de marnes noires se retrouvent également sur l’Ubaye en aval de Jausiers.

Figure 2 : lit pavé de l'Ubaye sur un secteur de Méolans

Figure 3 : L'Ubaye à Faucon de Barcelonnette (à gauche) et à Jausiers à la confluence avec le torrent d'Abriès (à droite)

Figure 4 : Cascade de la Pisse (à gauche) et torrent du Rioclar (à droite)

Dans la traversée de Jausiers et Barcelonnette, l’Ubaye s’écoule dans un chenal unique plus réduit entre différentes digues aménagées depuis le 18ème siècle à l’origine pour préserver les prairies et cultures présentes dans la plaine.

La configuration des ouvrages a évolué au fil des crues et des aménagements. Différentes protections de berges ou digues sont présentes en rive des cours d’eau au droit de villages, de routes. C’est par exemple le cas en rive droite du Bachelard entre Uvernet et la zone du golf.

Figure 5 : L'Ubaye dans la traversée de Barcelonnette

Les cours d’eau montrent une forte dynamique avec un transit sédimentaire modelant les habitats aquatiques et alluviaux au sein du lit majeur au fil du temps et des crues.

Des quantités importantes de sédiments sont apportées brièvement lors d’orages par les affluents sur leur cône de déjection et dans l’Ubaye. Elles sont ensuite reprises par le cours principal et régulées au sein de l’espace de bon fonctionnement.

Si les crues régulières de l’Ubaye, souvent printanières et automnales, contribuent à l’évolution des bancs alluviaux et parfois au déplacement de blocs plus conséquents, ce sont les épisodes exceptionnels qui sont les plus morphogènes avec un élargissement naturel de la bande active.

Entre deux crues, la contraction de la bande active s’accompagne d’un bio-ajustement des milieux alluviaux. La fréquence de ces crues morphogènes (> 20 ans) est relativement rare sur ce bassin versant, les temps de réponse sont alors plus long.

Figure 6 : Plan d'eau temporaire formé sur l'Ubaye suite à la lave torrentielle du Riou Sec

En fond de vallée, et principalement là où l’Ubaye forme un lit large en tresse, on trouve des habitats alluviaux riches présents sous plusieurs formes : 

  • des bancs de galets (sans végétation ou avec de jeunes pins sylvestres),
  • des gazons riverains artico-alpins (en bordure du lit mineur et très dépendants des crues) notamment ceux à petites massettes, une espèce protégée,
  • des saussaies alluviales (saules arbustifs bas, sur des bancs d’alluvions récentes) qui ont une forte capacité de régénération grâce aux crues,
  • des forêts alluviales d’aulnes et de saules blancs (buissonnantes sur des secteurs moins inondés).

Figure 7 : bras secondaire de l'Ubaye à la Condamine Châtelard (à gauche), l'Ubayette à Larche en période d'étiage (à droite)

Figure 8 : zone humide annexe alluviale sur la commune de Saint-Pons (à gauche) et banc alluvial végétalisé à Myricaria Germanica (à droite)

D’autres habitats humides mais non-alluviaux sont présents, comme les milieux de grands carex, les phragmitaies, les communautés de prêles, les prairies humides ou les bas-marais alcalins. Ils constituent eux aussi un enjeu de conservation au regard de leur caractère humide et lié à la rivière. 

Les versants des vallées présentent principalement des forêts de pin sylvestre, de mélèze, de pin cembro et d’arolle. Ils ne sont pas influencés par les cours d’eau. 

 

Concernant la flore présente sur l’espace alluvial, 24 espèces sont protégées, dont 15 au niveau national. Ces spécimens sont répartis sur plusieurs habitats et altitudes propres à chacun.

Pour la faune, 26 espèces protégées de milieux alluviaux ou humides ont été recensées, notamment, pour ne citer que quelques exemples, l’écrevisse à pattes blanches, le damier de la Succisse ou l’azuré de la pulmonaire.

La grenouille rousse, le crapaud sonneur à ventre jaune, la salamandre tachetée et la couleuvre à collier viennent s’ajouter à la liste des 17 oiseaux observables dans ces milieux.

Figure 9 : petite massette (typha minima) en bord de l'Ubaye

Figure 10 : grenouille rousse en bord de l'Ubaye (à gauche), Epiphigger epipphiger, insecte de la famille des sauterelles sur un argousier en berge du Riou Bourdoux (au milieu gauche), trace d’oiseaux dans un bras secondaire de l’Ubaye (milieu droite) et algue multicellulaires et branchues  de la famille des Characées (à droite)

Le peuplement piscicole est strictement salmonicole avec la présence de la Truite fario. Plusieurs espèces ont été introduites en tête de bassin versant ou dans les lacs à des fins halieutiques : saumon de fontaine, cristivomer, omble chevalier, vairon, truite commune et chevaine.

Ces milieux aquatiques abritent également de multiples groupes d’invertébrés dont certains sont plus ou moins connues comme les libellules et damoiselles dont l’état larvaire a lieu sur le fond des cours d’eau, ou comme les groupes des éphémères, trichoptères et plécoptères. Les algues microscopiques, la micro-faune bactérienne font également partis des premiers maillons de la chaîne alimentaire ou chaîne trophique.

Figure 12 : Larve de Plécoptère, famille des Perlidae                   Figure 11 : larve d'éphémère, famille des Heptageniidae

Tous ces individus interagissent au sein d’habitats aquatiques et dans un certain équilibre.

Figure 13 : exemple d'habitats aquatiques sur des bras secondaires. Présence de substrats organiques tels que les litières de feuilles, les amas de branches, ou les racines des arbres. Habitats en général à dominante minéral dans les lits vifs des cours d'eau du bassin versant (blocs, galets).

Figure 14 : racine de saule se développant en bord du lit en eau propice aux populations d’invertébrés aquatiques

Les adoux des milieux spécifiques


Le réseau hydrographique comprend également des annexes hydrauliques alimentées par des résurgences phréatiques ou par des sources émergeant en pied de versant.

Ces milieux sont très importants en termes de fonctionnalité, puisqu’ils ont pour particularité d’avoir des débits stables la plupart du temps et d’offrir des habitats favorables à la reproduction, au grossissement ou encore servir de zones refuge dans certaines conditions hydrologiques.

Il a été recensé 41 adoux en 2014-2015 (Fédération des Alpes de Haute Provence pour la pêche et la protection des milieux aquatiques, 2015) : 18 sur l’Ubaye ; 6 sur Ubayette, 14 Bachelard, 2 Grand Riou de la Blanche, 1 Parpaillon. 

 

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